Si Le Pen n'obtenait pas ses 500 parrainages, le second tour ne serait pas différent
Certains refusent de l'envisager. Marine Le Pen doit pouvoir être candidate à l'élection présidentielle. Mais, déjà, les autres candidats pronostiquent l'éventuel report des voix. Cela changerait-t-il le résultat final de l'élection ? Réponse avec François Kalfon, secrétaire national délégué général aux études d'opinions au PS.
C’est la tendance de la semaine. Les sondages étudiant l’hypothèse d’une Marine Le Pen empêchée de s’aligner à l’élection présidentielle se succèdent. Comment évolueraient les intentions de vote si la présidente du Front National ne parvenait pas à rassembler les 500 parrainages de maires requis ?
Avant même que les principaux instituts ne publient les résultats de leurs enquêtes, l’UMP avait fait réalisé des études confidentielles. Que disaient-elles ? Qu’en cas d’absence de Marine Le Pen au premier tour, les 20 points dont elle est créditée reviendraient d’abord à Nicolas Sarkozy (8 à 10 points), à François Bayrou (5 à 6 points), à François Hollande (2 à 3 points) et aux autres candidats (1 à 2 points).
Une clé de répartition qui intéresse beaucoup les stratèges de l’UMP ! Car dans l’hypothèse d’un empêchement de Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy récupérerait environ 50% de ses votes contre un tiers seulement en cas de report classique de second tour. D’où l’idée qui a pu germer chez certains dirigeants de la droite de favoriser un tel scénario qui serait plus favorable à leur champion. Nicolas Sarkozy, arguent-ils, sortirait en effet en tête du premier tour. Et la tendance en vue du second tour, croient-ils, serait inversée.
Rien ne change au second tour
Cette analyse a semblé trouver une validation avec la publication de l’enquête réalisée par l’IFOP publiée dans le "Journal du Dimanche". Mais voilà, le JDD s’est abstenu de publier les résultats de second tour. Or, il semble que, même dans l’hypothèse d’un retrait de Marine Le Pen au premier tour, les résultats du second tour entre François Hollande et Nicolas Sarkozy resteraient identique !
La présence ou l’absence de Marine Le Pen dans le scrutin ne change pas la prévision du résultat final. François Hollande sort largement en tête. Pourquoi ? Parce que, le cas échéant, les électeurs de Marine Le Pen feraient tout simplement "payer" à l’UMP d’avoir empêché leur championne de se présenter.
Une stratégie d’apprenti sorcier
Il n’empêche. Convaincus que le Front National peine à rassembler les signatures, comme les déclarations de Bruno Gollnisch tendent à le confirmer, certains ministres de Nicolas Sarkozy ont adopté une stratégie d’apprenti sorcier. Plutôt que de souligner les différences entre leur électorat et celui du Front National, ils préfèrent insister sur les convergences.
Leur objectif : susciter des réactions courroucées de la gauche et rassembler les électeurs de droite, toutes sensibilités confondues, derrière candidature du président sortant. Mais en fin de compte, après les propos de Claude Guéant et la réaction de Serge Letchimy, cette stratégie apparaît comme un pari fou, une tentative désespérée de contourner l’évidence, celle de la montée en puissance tranquille de la candidature de François Hollande qui recueille 32% d’intentions de vote. Un score équivalent à celui qu’il obtenait à l’issue de la primaire, mais aussi à celui de François Mitterrand en 1988 et de Nicolas Sarkozy en 2007, à l’occasion du vote. Malgré toutes ces tentatives pour faire "turbuler le système", une vraie cristallisation du scrutin s’opère sous nos yeux, ce qui est logique à 70 jours de l’élection.
| Imprimer | Commenter | Articlé publié par SD26 le 09 Fév. 12 |
le 04/03/2012
Rien ne change pour le second tour à part que certains croivent toujours que l'électorat le plus important pour Sarkozy est celui de Marine Le Pen ce qui est absolument faux. les électeurs d'extrême droite susceptibles de voter pour Sarkozy ne représentent pas grand chose. Sarkozy se dispute surtout l'électorat de centre-droit à François Bayou. Bayrou coimme Sarkozy sont des adversaires de François Hollande. Quand à Marine Le Pen, s'il n'a pas ses 500 signatures effectivement ça ne change rien. L'argument qui consisterait à dire que 17% des électeurs du Fn n'ont pas de leadership n'est pas valable car Nicolas Dupont-Aignan est pour l'instant le seul candidat d'extrême droite. François Hollande est bien parti malgré tout il est de plus en plus rassembleur et convainquant notamment depuis sa prise de position pour taxer les hauts revenus.